Coût réel d'un apprenti en 2026 : charges patronales et salariales
Retrouvez le barème 2026 des charges sociales apprenti : taux de cotisations patronales, salariales, CSG-CRDS et exemples de calcul pour votre entreprise.


Pour un contrat d'apprentissage conclu depuis le 1er mars 2025, les cotisations sociales sont totalement exonérées jusqu'à 50 % du SMIC, soit environ 900,90 € mensuels (décret n°2025-290 du 28 mars 2025). Au-delà de ce seuil, la fraction excédentaire supporte la CSG (9,2 %), la CRDS (0,5 %) et une cotisation retraite de base pour l'apprenti, tandis que l'employeur acquitte la retraite complémentaire Agirc-Arrco et la taxe d'apprentissage de 0,68 %.
Un apprenti ne supporte quasiment aucune cotisation sociale lorsque sa rémunération ne dépasse pas 50 % du SMIC (environ 900,90 €, décret n°2025-290 du 28 mars 2025). Ce seuil, abaissé depuis mars 2025, constitue la clé de voûte du régime social de l'apprentissage. Côté employeur, l'essentiel des charges patronales de sécurité sociale est également exonéré. Reste à comprendre ce qui demeure dû dans tous les cas, et comment la réforme de mars 2025 modifie le coût réel d'un apprenti selon son salaire.
Apprentis et cotisations sociales : les deux mécanismes fondamentaux
Les cotisations sociales d'un apprenti obéissent à deux mécanismes distincts qui se superposent : un abattement sur l'assiette de calcul et une exonération partielle de cotisations. Ces deux dispositifs poursuivent le même objectif : alléger le coût du travail pour l'employeur tout en limitant les retenues sur le salaire du jeune : mais ils opèrent à des niveaux différents du calcul.
Concrètement, l'abattement réduit la base sur laquelle sont calculées les cotisations. L'exonération, elle, supprime purement et simplement l'obligation de payer certaines cotisations sur la fraction de salaire située sous un seuil déterminé. La combinaison des deux aboutit à un régime social particulièrement avantageux, dont les contours exacts dépendent de la date de signature du contrat.
Depuis le décret n°2025-290 du 28 mars 2025, deux ensembles de règles coexistent : celui applicable aux contrats conclus avant le 1er mars 2025, et celui, plus restrictif, applicable aux contrats postérieurs. Ce clivage temporel irrigue l'ensemble du calcul des charges et constitue le principal piège à éviter pour l'employeur.
Abattement sur l'assiette de cotisations : comment ça fonctionne
L'abattement d'assiette pour les apprentis consiste à retrancher une fraction forfaitaire de la rémunération brute avant d'appliquer les taux de cotisations. Ce mécanisme, prévu par le Code du travail, a pour effet de réduire artificiellement le salaire de référence servant au calcul des prélèvements sociaux.
La fraction abattue correspond au montant de la rémunération qui n'excède pas un certain pourcentage du SMIC. Pour les cotisations de sécurité sociale (maladie, vieillesse, allocations familiales, AT/MP), l'assiette est ainsi diminuée d'un montant équivalent à 50 % du SMIC pour les contrats postérieurs au 1er mars 2025. Cet abattement s'applique mois par mois, sur le bulletin de paie.
L'abattement ne signifie pas que le salaire net de l'apprenti est amputé : il joue uniquement sur la base de calcul des cotisations. Le bulletin mentionne une assiette réduite, distincte du brut contractuel.
Exonération de cotisations : qui en bénéficie et jusqu'à quel plafond
L'exonération de cotisations sociales pour les apprentis couvre un périmètre précis de prélèvements, tant côté salarial que patronal. Jusqu'au seuil défini (50 % du SMIC pour les contrats récents), l'apprenti ne subit aucune retenue sociale sur son salaire : ni CSG, ni CRDS, ni cotisation retraite. L'employeur, de son côté, est dispensé des cotisations patronales de sécurité sociale.
Au-delà du seuil, le régime change. La fraction de salaire excédant 50 % du SMIC est soumise à cotisations, mais uniquement pour certains postes : CSG, CRDS et cotisation retraite de base pour l'apprenti ; retraite complémentaire Agirc-Arrco, formation professionnelle et taxe d'apprentissage pour l'employeur.
Ce cumul abattement + exonération produit un effet de seuil marqué. Un apprenti rémunéré juste au-dessus des 50 % du SMIC verra apparaître des retenues sur la seule fraction excédentaire, pas sur l'ensemble de son salaire.
Ce qui a changé depuis le 1er mars 2025 (décret n°2025-290)
Le décret n°2025-290, publié le 28 mars 2025, a modifié en profondeur l'équilibre financier du contrat d'apprentissage en abaissant le seuil d'exonération totale de 79 % à 50 % du SMIC. Publié sur Légifrance et codifié au Bulletin officiel de la sécurité sociale (boss.gouv.fr), ce texte s'applique à tous les contrats conclus à compter du 1er mars 2025.
La conséquence immédiate : un apprenti rémunéré au-delà de 900,90 € brut voit désormais la fraction excédentaire soumise à CSG, CRDS et cotisation retraite, alors qu'auparavant cette taxation n'intervenait qu'à partir de 1 423,44 € environ. Pour un employeur, le coût marginal d'une rémunération plus élevée augmente mécaniquement, car des cotisations patronales supplémentaires apparaissent sur la tranche haute du salaire.
Pour comprendre l'ensemble des prélèvements qui s'appliquent, il est utile de se pencher sur les charges sociales : définition, taux et calcul en 2026.
Cette réforme resserre l'avantage social de l'apprentissage autour des rémunérations les plus modestes, typiquement celles des premières années de formation ou des apprentis les plus jeunes. Les apprentis en fin de cursus, souvent mieux rémunérés, sont les plus exposés à ce changement.
Contrats avant mars 2025 : l'ancien seuil de 79 % du SMIC
Pour les contrats d'apprentissage signés avant le 1er mars 2025, le seuil d'exonération totale reste fixé à 79 % du SMIC. En 2026, le SMIC mensuel brut étant de 1 801,80 € pour 35 heures, le seuil s'établit à environ 1 423,44 €. Sous ce montant, l'apprenti ne paie aucune cotisation sociale ; l'employeur bénéficie des exonérations patronales complètes de sécurité sociale.
Au-delà de 1 423,44 €, la fraction excédentaire supporte CSG, CRDS et cotisation retraite pour l'apprenti, ainsi que les cotisations patronales non exonérées (retraite complémentaire, formation, taxe d'apprentissage). Ce régime continue de s'appliquer jusqu'au terme du contrat en cours, sans effet rétroactif de la réforme de mars 2025.
Contrats depuis le 1er mars 2025 : le nouveau seuil de 50 % du SMIC
Depuis le 1er mars 2025, le seuil d'exonération est ramené à 50 % du SMIC, soit environ 900,90 € mensuels (boss.gouv.fr, décret n°2025-290 du 28 mars 2025). Ce chiffre constitue le nouveau plafond en deçà duquel s'applique l'exonération totale des cotisations salariales et des cotisations patronales de sécurité sociale.
Au-delà, le traitement est identique dans son mécanisme au régime antérieur, mais il se déclenche beaucoup plus tôt. Prenons un apprenti rémunéré 1 100 € brut : la fraction exonérée est de 900,90 €, et la fraction soumise à cotisations s'élève à 199,10 €. C'est sur cette seule tranche que sont calculées CSG, CRDS et cotisation retraite.
Le simulateur mon-entreprise.urssaf.fr intègre déjà ce nouveau seuil et permet de visualiser l'impact du changement sur le bulletin de paie et le coût employeur.
L'erreur à ne pas commettre : confondre les deux régimes (risque de redressement URSSAF)
L'erreur la plus fréquente en pratique consiste à appliquer l'ancien seuil de 79 % du SMIC à un contrat signé après le 1er mars 2025. Le risque est double : sous-déclaration de cotisations à l'URSSAF, et exposition à un redressement avec majorations de retard.
Cette confusion survient souvent lorsque l'employeur gère simultanément plusieurs apprentis aux dates de contrat différentes, ou lorsqu'il reprend sans vérification les paramètres d'un précédent bulletin. Le logiciel de paie doit être paramétré contrat par contrat, en fonction de la date de conclusion.
Un contrôle URSSAF peut porter sur les trois dernières années civiles. Une erreur systématique sur 12 à 24 bulletins représente un enjeu financier non négligeable, surtout si l'apprenti perçoit une rémunération élevée (niveau BAC+4 ou BAC+5). Les régularisations spontanées via la DSN corrective sont possibles et généralement mieux accueillies qu'un rattrapage sur contrôle.
Cotisations patronales apprenti 2026 : taux et calcul détaillé
Les cotisations patronales applicables à un apprenti se répartissent en deux catégories étanches. D'un côté, un bloc de cotisations totalement exonérées sous le seuil de 50 % du SMIC (ou 79 % pour les contrats antérieurs). De l'autre, un bloc de contributions qui restent dues quel que soit le niveau de rémunération, parce qu'elles ne relèvent pas du champ de l'exonération légale.
Cette distinction est essentielle pour chiffrer le coût employeur réel. Contrairement à une idée reçue, l'employeur ne bénéficie pas d'une exonération universelle : certaines lignes du bulletin de paie patronal continuent d'être appelées chaque mois. La facture n'est jamais nulle, même pour un apprenti rémunéré sous le seuil.
Le boss.gouv.fr détaille exhaustivement la liste des cotisations concernées. En synthèse : tout ce qui relève des cotisations de sécurité sociale de base est exonéré ; tout ce qui relève de la retraite complémentaire, de la formation ou de la taxe d'apprentissage reste dû.
Charges patronales exonérées : la liste complète
L'exonération patronale couvre les cotisations suivantes, sous réserve que la rémunération de l'apprenti ne dépasse pas le seuil applicable (50 % ou 79 % du SMIC selon la date du contrat) :
- Assurance maladie-maternité-invalidité-décès : la part patronale n'est pas due.
- Assurance vieillesse de base (retraite de la Sécurité sociale) : exonération totale de la part patronale.
- Allocations familiales : exonération totale.
- Accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP) : la cotisation patronale est supprimée.
- Fonds national d'aide au logement (FNAL) : exonération applicable.
- Contribution solidarité autonomie (CSA) : exonération applicable.
- Versement mobilité (pour les entreprises de plus de 11 salariés situées en zone concernée) : exonération applicable.
Au-delà du seuil, ces cotisations redeviennent dues sur la fraction excédentaire uniquement. Le mécanisme est donc celui d'une franchise et non d'une exonération forfaitaire sur l'intégralité du salaire.
Charges patronales restant dues malgré l'exonération
Même pour un apprenti rémunéré sous le seuil d'exonération, l'employeur doit acquitter les cotisations et contributions suivantes :
- Retraite complémentaire Agirc-Arrco : la cotisation patronale reste due sur l'intégralité de la rémunération, sans abattement ni exonération. Le taux minimal obligatoire s'applique.
- Contribution à la formation professionnelle : cette contribution, distincte de la taxe d'apprentissage, est maintenue.
- Taxe d'apprentissage : son taux est de 0,68 % de la masse salariale brute. Elle se décompose en une part principale de 0,59 % finançant l'apprentissage via les OPCO, et une fraction de 0,09 % destinée au CPF des alternants.
- Contribution au dialogue social : due pour les entreprises d'au moins 11 salariés.
Ce dispositif permet de maîtriser au mieux les charges sociales auto-entrepreneur 2026.
Comprendre les spécificités de ce dispositif permet de mieux appréhender les charges sociales sur salaire 2026 : taux, calcul.
Ces cotisations représentent un coût résiduel incompressible. Pour un apprenti rémunéré 1 100 €, elles pèsent environ 80 à 110 € par mois côté employeur, selon les taux conventionnels de la branche. Le simulateur mon-entreprise.urssaf.fr donne le montant précis en fonction de la convention collective applicable.
Secteur public : règles spécifiques
Dans le secteur public, le régime d'exonération des cotisations patronales pour les apprentis est aligné sur celui du secteur privé pour l'essentiel. Les employeurs publics (fonction publique d'État, territoriale, hospitalière) bénéficient des mêmes exonérations de cotisations de sécurité sociale que les entreprises privées.
La spécificité tient à l'affiliation retraite. Les apprentis du secteur public relèvent, selon leur statut, soit du régime général (via l'URSSAF pour les contractuels de droit privé), soit du régime spécial de la CNRACL (pour les apprentis titulaires d'un contrat de droit public). Dans ce second cas, la cotisation retraite complémentaire Agirc-Arrco n'est pas due, remplacée par la cotisation au régime additionnel de la fonction publique (RAFP).
Les taux applicables sont ceux en vigueur dans chaque fonction publique. Il est recommandé de consulter le service RH de l'administration employeur pour paramétrer correctement la paie.
CSG, CRDS et cotisations salariales apprenti 2026
Côté salarial, l'apprenti bénéficie d'un régime très favorable, mais pas absolu. La règle fondamentale est la suivante : exonération totale de toutes les cotisations salariales sous le seuil de 50 % du SMIC (contrats post-mars 2025), puis application progressive de la CSG, de la CRDS et de la cotisation retraite de base sur la seule fraction excédentaire.
Contrairement à un salarié classique qui voit 22 % à 25 % de son brut retenu chaque mois (cotisations salariales estimées), l'apprenti conserve l'intégralité, ou presque, de sa rémunération brute. Cette quasi-absence de retenues explique que le salaire brut et le salaire net d'un apprenti rémunéré sous le seuil sont pratiquement identiques.
Pour les charges sociales salariales en 2026, le régime apprenti constitue une exception majeure au droit commun. Il est utile de le comparer au régime standard pour mesurer l'avantage.
Exonération totale sous le seuil : ce que l'apprenti ne paie pas
Sous le seuil de 50 % du SMIC (soit environ 900,90 € en 2026), l'apprenti ne subit aucune retenue sociale sur son bulletin de paie :
- CSG (contribution sociale généralisée) : non prélevée, ni la part déductible (6,8 %) ni la part non déductible (2,4 %).
- CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) : taux de 0,5 % non appliqué.
- Cotisation d'assurance vieillesse de base : non prélevée.
- Cotisation retraite complémentaire Agirc-Arrco : non prélevée.
- Contribution d'équilibre technique (CET) : non prélevée.
Le bulletin de paie mentionne une assiette de cotisations nulle pour ces postes. Le salaire net versé correspond donc au salaire brut contractuel.
Cette situation concerne en pratique les apprentis de moins de 21 ans en première ou deuxième année de contrat, dont la rémunération minimale légale (exprimée en pourcentage du SMIC selon l'âge) reste souvent inférieure au seuil d'exonération.
Au-delà du seuil : CSG/CRDS et cotisation retraite apprenti 2026
Dès que la rémunération franchit le seuil de 50 % du SMIC, trois prélèvements apparaissent sur la fraction excédentaire uniquement :
- CSG au taux de 9,2 % (6,8 % déductible + 2,4 % non déductible), appliquée sur 98,25 % de la fraction excédentaire (abattement pour frais professionnels intégré dans le mécanisme CSG).
- CRDS au taux de 0,5 % sur 98,25 % de la même fraction.
- Cotisation d'assurance vieillesse de base au taux salarial en vigueur.
La cotisation retraite complémentaire Agirc-Arrco (part salariale) n'est en principe pas due pour les apprentis, même au-delà du seuil. C'est une différence notable avec le régime des salariés classiques.
Prenons un apprenti rémunéré 1 100 € brut (contrat post-mars 2025). La fraction excédentaire est de 199,10 €. La CSG/CRDS due représente environ 9,7 % × 98,25 % × 199,10 €, soit approximativement 18,97 €. La cotisation retraite de base s'y ajoute, pour un total de retenues salariales de l'ordre de 25 à 30 € mensuels. Le net perçu est donc d'environ 1 070 €.
Il est important de noter que les charges sociales à la retraite : CSG, CRDS, taux 2026 suivent des règles distinctes.
Calcul concret : combien coûte un apprenti à l'employeur en 2026 ?
Deux scénarios illustrent concrètement le fonctionnement des charges sociales selon le niveau de rémunération de l'apprenti. Les montants sont calculés à titre indicatif pour des contrats conclus après le 1er mars 2025, avec le seuil d'exonération à 50 % du SMIC. Les taux exacts de cotisation peuvent varier selon la convention collective applicable et la localisation de l'entreprise. Pour une estimation précise, utiliser le simulateur officiel mon-entreprise.urssaf.fr.
Ces exemples permettent aussi de vérifier un point souvent mal compris : l'exonération fiscale de la rémunération perçue par l'apprenti obéit à un plafond distinct, fixé à 21 622 € par an pour l'imposition 2026 (revenus 2025, crédit-agricole.fr 2026). Cette limite n'a rien à voir avec le seuil de 50 % du SMIC qui régit les cotisations sociales. Un apprenti peut être exonéré de cotisations sociales tout en voyant une partie de sa rémunération soumise à l'impôt sur le revenu si son salaire annuel dépasse 21 622 €.
Une comparaison avec les charges sociales micro-entreprise 2026 : taux et calcul met en lumière les spécificités de chaque régime.
Scénario 1 : apprenti rémunéré 1 100 € brut (avec prime)
Cet exemple est directement inspiré de l'illustration publiée par le boss.gouv.fr (version au 1er juin 2026). Un apprenti embauché après le 1er mars 2025 perçoit une rémunération brute mensuelle de 1 100 €, dont 1 000 € de salaire de base et 100 € de prime.
Le seuil d'exonération à 50 % du SMIC étant de 900,90 €, la fraction exonérée est de 900,90 € et la fraction soumise à cotisations s'élève à 199,10 €.
Cotisations salariales estimées :
- CSG/CRDS sur 98,25 % de 199,10 € → environ 18,97 €
- Cotisation retraite de base → quelques euros supplémentaires
- Retenue totale : environ 25 à 30 €
- Salaire net estimé : environ 1 070 à 1 075 €
Cotisations patronales estimées :
- Exonération totale sur la fraction ≤ 900,90 €
- Sur la fraction de 199,10 € : retraite complémentaire Agirc-Arrco (taux minimal), formation professionnelle, taxe d'apprentissage
- Coût patronal résiduel estimé : environ 80 à 110 € par mois
Le coût total employeur (salaire brut + cotisations restant dues) s'établit autour de 1 180 à 1 210 € par mois, soit un taux de charges patronales apparent d'environ 7 à 10 % : très inférieur aux 42 % à 45 % applicables à un salarié non-cadre classique. Pour une vue complète des charges sociales patronales, ce comparatif illustre l'avantage structurel de l'apprentissage.
Scénario 2 : apprenti BAC+4 rémunéré à partir de 1 566 € brut
Les apprentis en fin de cursus, notamment ceux préparant un diplôme de niveau BAC+4 ou BAC+5, perçoivent une rémunération sensiblement plus élevée. Selon les grilles diffusées par BNP Paribas B-School (2026), un alternant en BAC+4 débute à 1 566,18 € brut mensuels, et un BAC+5 à 1 851,14 €.
Pour un apprenti rémunéré 1 566,18 € (contrat post-mars 2025) :
- Fraction exonérée : 900,90 €
- Fraction soumise à cotisations : 665,28 €
- CSG/CRDS estimée : 9,7 % × 98,25 % × 665,28 € → environ 63,50 €
- Cotisation retraite de base sur la même fraction
- Retenue salariale totale estimée : environ 75 à 90 €
- Salaire net estimé : environ 1 476 à 1 491 €
De plus, il est bon de considérer les éventuels changements pour les auto-entrepreneurs en 2026, notamment en consultant « Auto-entrepreneur 2026 : 5 changements majeurs à anticiper ».
Côté employeur, la fraction de 665,28 € supporte les cotisations patronales non exonérées (retraite complémentaire, formation, taxe d'apprentissage). Le coût patronal additionnel estimé se situe entre 180 et 240 € par mois. Le coût total employeur mensuel avoisine 1 750 à 1 810 €.
Cet écart avec le scénario 1 montre que la réforme de mars 2025 pèse davantage sur les apprentis les mieux rémunérés, pour lesquels la fraction soumise à cotisations est mécaniquement plus large.
Tableau récapitulatif : charges patronales estimées selon le salaire
Le tableau ci-dessous synthétise les ordres de grandeur pour trois niveaux de rémunération, en contrat post-mars 2025 (seuil 50 % du SMIC). Ces estimations sont indicatives et ne tiennent pas compte des spécificités conventionnelles.
| Rémunération brute mensuelle | Fraction exonérée (sous 900,90 €) | Cotisations salariales estimées | Coût patronal additionnel estimé | Coût employeur total estimé |
|---|---|---|---|---|
| 900 € | 900,00 € | 0 € | 60 à 75 € | 960 à 975 € |
| 1 100 € | 900,90 € | 25 à 30 € | 80 à 110 € | 1 180 à 1 210 € |
| 1 566 € | 900,90 € | 75 à 90 € | 180 à 240 € | 1 750 à 1 810 € |
Pour une simulation précise intégrant la convention collective, le taux AT/MP propre à l'établissement et les éventuelles cotisations prévoyance, le simulateur officiel mon-entreprise.urssaf.fr reste l'outil de référence. Il permet de saisir le salaire brut, l'âge de l'apprenti et la date de conclusion du contrat pour obtenir un résultat détaillé.
Démarches pratiques : déclarer et payer les cotisations apprenti à l'URSSAF
La déclaration des cotisations sociales d'un apprenti suit le circuit standard de la Déclaration Sociale Nominative (DSN), avec quelques spécificités de codification. L'employeur transmet chaque mois un bloc de données individuelles pour chaque apprenti, intégré au flux DSN mensuel adressé à l'URSSAF.
La DSN gère automatiquement l'application des exonérations si le paramétrage du logiciel de paie est correct. Le point critique est de renseigner le bon code type de personnel et la date de conclusion du contrat, car c'est cette date qui détermine le seuil d'exonération applicable (50 % ou 79 % du SMIC).
Pour les charges sociales sur salaire, le cas de l'apprenti est atypique et nécessite une attention particulière lors de la saisie des données dans le logiciel de paie.
DSN et code type de personnel apprenti
Dans la DSN, l'apprenti est identifié par un code spécifique indiquant son statut. Le code type de personnel « apprenti » (ou le code CTT correspondant dans le paramétrage du logiciel) déclenche l'application du régime social adapté.
Les éléments à vérifier lors de la saisie du dossier :
- La date de début du contrat, qui conditionne le seuil d'exonération (50 % ou 79 % du SMIC).
- Le type de contrat : contrat d'apprentissage (à distinguer du contrat de professionnalisation, qui obéit à des règles sociales distinctes).
- L'âge de l'apprenti au moment de la conclusion du contrat, qui détermine le pourcentage du SMIC applicable comme rémunération minimale légale.
- La convention collective de l'entreprise, qui peut moduler les taux de cotisations de retraite complémentaire et de prévoyance.
Une erreur de codification peut entraîner un calcul erroné des exonérations. Les éditeurs de logiciels de paie intègrent normalement les mises à jour réglementaires (dont le décret de mars 2025), mais une vérification manuelle du premier bulletin reste prudente.
Utiliser le simulateur URSSAF pour estimer les charges
Le simulateur de coût d'embauche développé par l'URSSAF (mon-entreprise.urssaf.fr) propose un module dédié au contrat d'apprentissage. Il permet, en quelques clics, d'obtenir une estimation du salaire net, des cotisations salariales, des cotisations patronales et du coût total employeur.
Les paramètres à renseigner incluent :
- Le salaire brut mensuel (base + primes éventuelles).
- L'âge de l'apprenti.
- La date de conclusion du contrat (avant ou après le 1er mars 2025).
- La convention collective applicable.
- Le secteur d'activité (pour le taux AT/MP et le versement mobilité).
Le résultat détaille ligne par ligne les cotisations dues et exonérées, côté salarial comme patronal. Ce simulateur constitue la source la plus fiable pour chiffrer un projet de recrutement en apprentissage, car il intègre en temps réel les paramètres légaux et conventionnels applicables.
💡 À noter : le simulateur mon-entreprise.urssaf.fr est gratuit et ne nécessite aucune inscription. Il ne stocke pas les données saisies. Les résultats peuvent être exportés en PDF pour être annexés à un dossier de demande d'aide ou à un budget prévisionnel.
Points clés
- Pour les contrats conclus depuis le 1er mars 2025, l'exonération de cotisations salariales s'applique jusqu'à 50 % du SMIC (environ 900,90 €), contre 79 % auparavant.
- Au-delà de ce seuil, l'apprenti paie CSG (9,2 %), CRDS (0,5 %) et une cotisation retraite de base sur la fraction de salaire excédentaire uniquement.
- L'employeur est exonéré des cotisations patronales de sécurité sociale (maladie, vieillesse, allocations familiales, AT/MP), mais la retraite complémentaire Agirc-Arrco et la taxe d'apprentissage restent dues.
- Le plafond d'exonération fiscale sur la rémunération de l'apprenti est fixé à 21 622 € par an pour l'imposition 2026 (revenus 2025).
- Le simulateur officiel mon-entreprise.urssaf.fr permet d'estimer le coût exact d'un apprenti selon son salaire, son âge et la date de conclusion du contrat.
Sources
Fiche pratique
| Seuil d'exonération totale (contrats depuis le 1er mars 2025) | 50 % du SMIC, soit environ 900,90 € (SMIC mensuel brut 2026 : 1 801,80 €, décret n°2025-290 du 28 mars 2025) |
| Seuil d'exonération totale (contrats avant le 1er mars 2025) | 79 % du SMIC, soit environ 1 423,44 € |
| Cotisations salariales dues au-delà du seuil | CSG (9,2 % sur 98,25 % de l'assiette), CRDS (0,5 %), cotisation retraite de base |
| Cotisations patronales exonérées | Maladie, vieillesse de base, allocations familiales, accidents du travail (AT/MP) |
| Cotisations patronales restant dues | Retraite complémentaire Agirc-Arrco, formation professionnelle, taxe d'apprentissage (0,68 %), dialogue social |
| Plafond d'exonération fiscale (rémunération apprenti) | 21 622 € par an (imposition 2026 sur revenus 2025, source : crédit-agricole.fr) |
| Outil officiel de simulation | mon-entreprise.urssaf.fr (simulateur de coût d'embauche apprenti) |
| Texte de référence | boss.gouv.fr : rubrique « Exonération contrat d'apprentissage » |
Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.
FAQ
Quel est le taux de cotisations sociales pour 2026 ?
Pour un apprenti, le taux de cotisations sociales dépend de sa rémunération. Sous le seuil de 50 % du SMIC (environ 900,90 € pour un contrat conclu depuis le 1er mars 2025), l'apprenti bénéficie d'une exonération totale de cotisations salariales. Au-delà, seules la CSG (9,2 % sur 98,25 % de l'assiette), la CRDS (0,5 %) et une cotisation retraite de base sont dues sur la fraction excédentaire.
Qu'est-ce qui change pour les apprentis en 2026 ?
Le principal changement est l'abaissement du seuil d'exonération totale de 79 % à 50 % du SMIC pour les contrats conclus depuis le 1er mars 2025, en application du décret n°2025-290 du 28 mars 2025. Cela signifie qu'un apprenti dont la rémunération dépasse environ 900,90 € voit la fraction excédentaire soumise à CSG, CRDS et cotisation retraite, alors qu'auparavant l'exonération couvrait jusqu'à environ 1 423,44 €.
Quelles sont les charges sociales à payer pour un apprenti ?
Les charges sociales pour un apprenti se décomposent en deux volets. Côté salarial : exonération totale sous 50 % du SMIC (contrats post-mars 2025), puis CSG/CRDS et cotisation retraite sur la fraction excédentaire. Côté patronal : exonération des cotisations de sécurité sociale (maladie, vieillesse, allocations familiales, accidents du travail), mais maintien des cotisations de retraite complémentaire Agirc-Arrco, de la formation professionnelle et de la taxe d'apprentissage.
Quel est le taux de la taxe d'apprentissage pour 2026 ?
La taxe d'apprentissage reste due pour les employeurs d'apprentis. Son taux est de 0,68 % de la masse salariale brute pour toutes les entreprises. Une fraction de 0,09 % est destinée au financement du compte personnel de formation (CPF) des salariés en alternance, et la part principale de 0,59 % finance l'apprentissage via les opérateurs de compétences (OPCO).
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