Amortissement dégressif : comment le calculer en 2026 et économiser de l'impôt
Tout savoir sur l'amortissement dégressif en 2026 : calcul, coefficients, biens éligibles. Exemple chiffré et tableau comparatif avec le linéaire. Guide complet

L'amortissement dégressif permet de déduire fiscalement la dépréciation de vos équipements professionnels plus vite qu'avec un amortissement linéaire classique. C'est un mécanisme fiscal réservé aux biens neufs d'équipement : il concentre les charges sur les premières années d'utilisation. En 2026, il concerne les entreprises soumises à l'impôt sur le revenu (BIC) ou à l'impôt sur les sociétés qui investissent dans des matériels industriels, des outillages ou certains logiciels.
Qu'est-ce que l'amortissement dégressif ? Définition et cadre légal
L'amortissement dégressif est un mode de calcul fiscal. Il permet de constater une dépréciation plus rapide du bien en début de vie. Pas comme le linéaire, qui répartit la valeur sur la durée d'usage de manière égale. Le dégressif applique un taux majoré à la valeur nette comptable restante. Résultat : les annuités sont plus élevées les premières années, puis diminuent progressivement. Ce système est défini par les articles 22 à 25 de l'annexe II au Code général des impôts (Legifrance, 2026). Le BOFiP précise que le mécanisme traduit une réalité économique : la perte de valeur d'un bien est plus forte au début de son exploitation (bofip.impots.gouv.fr, 2012). Pour l'administration fiscale, l'amortissement dégressif est une option, pas une obligation. L'entreprise peut toujours choisir le linéaire si elle préfère une charge constante. Le choix s'opère bien par bien, au moment de la mise en service. Et une fois l'option prise pour un bien, elle est irrévocable pour la durée de son amortissement. Attention : la dotation aux amortissements doit obligatoirement être comptabilisée chaque année, sans quoi le bénéfice fiscal de l'exercice concerné est perdu.
Quels biens peuvent bénéficier de l'amortissement dégressif ?
Tous les biens ne sont pas éligibles au régime dégressif. L'article 22 de l'annexe II au CGI fixe des conditions strictes. Sont concernés : les biens neufs d'équipement affectés à l'activité professionnelle. Il s'agit notamment des matériels et outillages industriels, du matériel de bureau, des installations techniques, et des logiciels acquis à titre onéreux. La durée d'utilisation doit être d'au moins trois ans pour que les coefficients spécifiques s'appliquent. Les biens exclus : - Les biens usagés : un équipement déjà utilisé avant son acquisition par l'entreprise ne peut pas bénéficier du dégressif (Legifrance, article 22). - Les immeubles : bâtiments, locaux commerciaux et constructions ne sont pas éligibles. Exception pour certains matériels intégrés (ascenseurs, installations de sécurité incendie). - Les véhicules de tourisme : voitures particulières, sauf si elles sont affectées à titre exclusif à l'activité (véhicules de chantier, taxis). - Les biens de faible valeur : ceux dont le prix unitaire est inférieur à un seuil (généralement assemblé au régime des biens dont le coût est inférieur à 500 € et qui peuvent être comptabilisés en charges). Les biens achetés après mise en service et non après acquisition sont ceux qui ouvrent droit au dégressif. La date de la livraison ou de l'achèvement fait foi, pas celle de la facture. Pour un logiciel de comptabilisation, le dégressif peut s'appliquer si le logiciel est acquis en propriété (pas en location simple ou SaaS).
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L'essentiel
- L'amortissement dégressif permet de concentrer les dotations sur les premières années, réduisant l'impôt immédiat pour l'entreprise.
- Seuls les biens neufs d'équipement (hors immeubles et véhicules de tourisme) sont éligibles au régime dégressif.
- Le taux dégressif se calcule en multipliant le taux linéaire par un coefficient de 1,25, 1,75 ou 2,25 selon la durée d'usage.
- Lorsque l'annuité dégressive devient inférieure à l'annuité linéaire restante, l'entreprise doit basculer en amortissement linéaire.
- L'option pour le dégressif est irrévocable pour chaque bien pris séparément, au choix de l'entreprise au moment de la mise en service.
Calcul de l'amortissement dégressif : taux et formule
Le calcul repose sur trois éléments : la durée d'usage du bien, le taux linéaire correspondant, et un coefficient fiscal qui majore ce taux. Le taux dégressif s'obtient en multipliant le taux linéaire par un coefficient qui varie selon la durée : - Durée de 3 ou 4 ans : coefficient de 1,25 - Durée de 5 ou 6 ans : coefficient de 1,75 - Durée de plus de 6 ans : coefficient de 2,25 Ces coefficients sont fixés par le BOFiP (bofip.impots.gouv.fr, 2015). Le calcul de l'annuité dégressive respecte la formule suivante : Taux dégressif = (100 % / durée d'usage) × coefficient. Exemple pour un bien amorti sur 5 ans : (100 / 5) × 1,75 = 35 % par an. L'annuité dégressive s'applique sur la valeur nette comptable (VNC) en début d'exercice, et non sur le prix d'achat. Première année : elle est proratisée en fonction de la date de mise en service. Quand l'annuité dégressive devient inférieure à l'annuité linéaire calculée sur la durée restante, l'entreprise doit basculer en linéaire pour le restant des annuités. C'est un point essentiel dans le calcul des dotations aux amortissements : il évite de sous-amortir le bien.
Exemple concret : amortissement dégressif d'un bien à 5 ans
Prenons un équipement industriel acquis 15 juin 2026 pour 10 000 € HT, durée d'usage 5 ans. Le taux linéaire est de 20 % (100 / 5). Coefficient applicable : 1,75. Taux dégressif : 20 % × 1,75 = 35 %. Première annuité (exercice 2026, du 15 juin au 31 décembre, soit 200 jours) : 10 000 × 35 % × 200 / 360 = 1 944 €. Valeur nette comptable au 1er janvier 2027 : 10 000 − 1 944 = 8 056 €. Deuxième annuité (2027) : 8 056 × 35 % = 2 820 €. VNC au 1er janvier 2028 : 8 056 − 2 820 = 5 236 €. Troisième annuité (2028) : 5 236 × 35 % = 1 833 €. Comparaison avec le linéaire sur durée restante (3 ans) : valeur résiduelle 5 236 / 3 = 1 745 €. L'annuité dégressive (1 833 €) est supérieure au linéaire (1 745 €), on reste en dégressif. VNC au 1er janvier 2029 : 5 236 − 1 833 = 3 403 €. Quatrième année (2029) : ici, l'annuité linéaire sur 2 ans restants = 3 403 / 2 = 1 702 €. L'annuité dégressive (3 403 × 35 % = 1 191 €) devient inférieure au linéaire. Bascule en linéaire obligatoire. Annuité 2029 : 1 702 €. Cinquième année (2030) : 1 701 €. Total des dotations sur 5 ans : 10 000 €. L'entreprise a concentré 65 % de l'amortissement sur les deux premières années, contre 40 % en linéaire. Le BOFiP détaille ce mécanisme avec un exemple chiffré (bofip.impots.gouv.fr, 2017 : annuités de 150 €, 90 € et 80 € pour un bien de 320 €).
Amortissement dégressif ou linéaire : lequel choisir ?
Le choix entre dégressif et linéaire dépend de la stratégie fiscale de l'entreprise et de sa trésorerie prévisionnelle. Voici les critères principaux à comparer : | Critère | Amortissement dégressif | Amortissement linéaire | |---|---| | Impact fiscal | Charge plus forte au début → imposition réduite les premières années | Charge constante dans le temps | | Trésorerie | Allègement immédiat, utile pour un investissement récent | Aucun avantage de timing | | Biens éligibles | Uniquement biens neufs d'équipement (hors immeubles, véhicules tourisme) | Tous les biens amortissables | | Calcul | Plus complexe (coefficient, bascule linéaire) | Simple : valeur d'origine / durée | | Neutre sur toute la durée | Oui : la somme totale amortie est identique | Identique au dégressif | Pour une entreprise qui anticipe des bénéfices importants les premières années (démarrage d'activité, phase d'investissement), le dégressif optimise l'impôt immédiat. À l'inverse, si l'entreprise prévoit des résultats faibles ou déficitaires, le linéaire offre plus de souplesse pour étaler les déductions. Les entreprises hôtelières (coefficient porté à 2,25 pour certaines durées) et l'industrie agricole bénéficient de règles spécifiques (bofip.impots.gouv.fr, 2012). L'Allemagne a également adopté un amortissement dégressif exceptionnel jusqu'en 2027 dans le cadre de son plan de relance (BNP Paribas Economic Research, 2025). Signe que ce dispositif reste un levier de politique économique dans plusieurs pays européens.
Sources
- bofip.impots.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- bofip.impots.gouv.fr
- bofip.impots.gouv.fr
- bofip.impots.gouv.fr
- bofip-archives.impots.gouv.fr
- bofip.impots.gouv.fr
Fiche pratique
| Définition | Amortissement fiscal accéléré des biens d'équipement neufs |
| Texte de référence | Articles 22 à 25 de l'annexe II au CGI |
| Coefficient 3-4 ans | 1,25 |
| Coefficient 5-6 ans | 1,75 |
| Coefficient 6+ ans | 2,25 |
| Biens exclus | Immeubles, véhicules de tourisme, biens usagés |
| Obligation | Dotation comptabilisée chaque exercice |
| Source officielle | bofip.impots.gouv.fr |
Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.
FAQ
Comment se calcule l'amortissement dégressif ?
Le calcul de l'amortissement dégressif repose sur un taux majoré appliqué à la valeur nette comptable du bien en début d'exercice. Taux dégressif = (100 % / durée d'usage) × coefficient fiscal (1,25, 1,75 ou 2,25). La première annuité est proratisée selon la date de mise en service. Quand l'annuité dégressive devient inférieure à l'annuité linéaire calculée sur la durée restante, bascule en linéaire obligatoire.
Quand utilise-t-on l'amortissement dégressif ?
L'amortissement dégressif s'utilise pour les biens d'équipement neufs acquis par une entreprise soumise à l'impôt sur le revenu (BIC) ou à l'impôt sur les sociétés. Particulièrement adapté quand l'entreprise réalise des bénéfices importants les premières années suivant l'investissement : il permet de réduire le résultat imposable plus rapidement. Le choix s'opère bien par bien au moment de la mise en service.
Quelle est la différence entre l'amortissement linéaire et le dégressif ?
L'amortissement linéaire répartit la valeur du bien de manière égale sur toute sa durée d'usage (exemple : 20 % par an sur 5 ans). L'amortissement dégressif concentre les dotations sur les premières années grâce à un taux majoré (exemple : 35 % la première année sur 5 ans). Sur la durée totale, la somme amortie est identique. Seul le rythme de déduction fiscale diffère. Le dégressif est plus avantageux pour la trésorerie immédiate.
Qu'est-ce que le taux d'amortissement dégressif ?
Le taux d'amortissement dégressif s'obtient en multipliant le taux linéaire (100 divisé par la durée d'usage) par un coefficient fiscal. Pour une durée de 5 ans, le taux linéaire est de 20 % et le coefficient de 1,75, soit un taux dégressif de 35 %. Ce taux s'applique chaque année à la valeur nette comptable restante, pas au prix d'achat initial.
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