Apprenez à calculer un amortissement comptable et fiscal simplement
Méthodes linéaire et dégressive, taux, durée et exemples concrets pour calculer un amortissement en 2026. Guide pratique pour entrepreneur.

Calculer un amortissement, c'est étaler le coût d'une immobilisation sur toute sa durée de vie. Cette opération obligatoire en comptabilité permet de constater la perte de valeur d'un bien au fil du temps : que ce soit un matériel, un véhicule, un bâtiment ou un brevet. Entrepreneur individuel, gérant de société ou investisseur LMNP : maîtriser le calcul de l'amortissement vous aide à optimiser votre fiscalité et à présenter des comptes sincères.
Qu'est-ce qu'un amortissement ? Définition et principes
Un amortissement, c'est la répartition du coût d'une immobilisation sur sa durée probable d'utilisation. Concrètement : vous achetez un ordinateur 2 000 € pour votre entreprise. Vous n'allez pas déduire la totalité d'un coup l'année d'achat. Vous étalez cette dépense sur 3 ans, par exemple. Chaque année, une dotation aux amortissements vient réduire votre résultat imposable. Le Plan Comptable Général (PCG) et les règles fiscales du BOFiP encadrent cette pratique. Sont amortissables les immobilisations corporelles (matériel, véhicule, immeuble), incorporelles (brevets, logiciels) et financières (sous conditions). Les terrains et les fonds de commerce ? Pas d'amortissement : leur valeur ne baisse pas avec le temps. La durée d'amortissement correspond à la durée d'utilisation effective du bien dans l'entreprise. L'entreprise la fixe librement, dans la limite des usages admis par l'administration fiscale. Les durées courantes : 3 à 5 ans pour le matériel informatique, 4 à 5 ans pour le mobilier de bureau, 5 ans pour les véhicules, 20 à 40 ans pour les bâtiments. Pour approfondir la notion de dotation annuelle, lisez notre guide sur la dotation aux amortissements.
Pour bien comprendre ce mécanisme, il est utile de consulter la définition de l'amortissement en comptabilité et ses principes fondamentaux.
Les 3 méthodes de calcul d'un amortissement
Le droit comptable et fiscal français reconnaît trois grandes méthodes pour calculer un amortissement. Le choix dépend du bien et de son usage.
1. L'amortissement linéaire : la plus simple, la plus répandue. Une dotation annuelle identique chaque année. Idéal pour les biens à usure régulière (mobilier, bâtiment).
2. L'amortissement dégressif : des dotations plus élevées les premières années, puis en baisse. Réservé aux biens neufs d'au moins 3 ans d'utilisation. Il permet une déduction fiscale accélérée. Le taux dégressif s'obtient en multipliant le taux linéaire par un coefficient (1,25 pour 3-4 ans ; 1,75 pour 5-6 ans ; 2,25 pour plus de 6 ans).
3. L'amortissement variable (ou unités de production) : la dotation est proportionnelle à l'utilisation réelle (heures de fonctionnement, kilomètres). Peu utilisé en pratique, réservé à certains équipements industriels.
Un même bien peut avoir un amortissement comptable (linéaire) et un amortissement fiscal (dégressif) différents. Cela génère un amortissement dérogatoire inscrit en passif du bilan. Le BOFiP précise les règles applicables à chaque méthode sur bofip.impots.gouv.fr (2012).
Calculer un amortissement linéaire : formule et exemple
La formule de l'amortissement linéaire : Dotation annuelle = (Valeur d'origine – Valeur résiduelle) / Durée d'utilisation. La valeur d'origine est le prix d'achat HT (ou TTC si l'entreprise n'est pas assujettie), plus les frais accessoires (transport, installation). La valeur résiduelle, c'est la valeur de revente estimée en fin de vie. Souvent négligée, car difficile à justifier fiscalement. Sans valeur résiduelle : Dotation annuelle = Valeur d'origine × Taux linéaire. Le taux linéaire est l'inverse de la durée : pour 5 ans, 1/5 = 20 %.
Exemple : un véhicule utilitaire acheté 30 000 € HT le 1er juillet 2026, amorti sur 5 ans (taux 20 %). Première dotation (2026) : 30 000 × 20 % × (6/12) = 3 000 € (prorata temporis, acquisition en cours d'année). Dotations suivantes (2027 à 2030) : 30 000 × 20 % = 6 000 € par an. Dernière dotation (2031) : 30 000 × 20 % × (6/12) = 3 000 €.
Le prorata temporis est obligatoire pour la première et la dernière annuité. Certains logiciels de comptabilité automatisent ce calcul. Voir notre sélection de logiciels de comptabilisation.
Pour calculer précisément vos dotations annuelles, notre guide sur la dotation aux amortissements détaille chaque étape du calcul.
Calculer un amortissement dégressif : taux et application
Avec l'amortissement dégressif, vous déduisez une plus grande part du coût du bien les premières années. Il est réservé aux biens neufs d'au moins 3 ans d'utilisation, appartenant à certaines catégories (matériel industriel, outillage, véhicules de transport). Le taux dégressif : Taux dégressif = Taux linéaire × Coefficient. Les coefficients (BOFiP) :
- 1,25 pour 3 ou 4 ans
- 1,75 pour 5 ou 6 ans
- 2,25 pour plus de 6 ans
Exemple : un matériel de production acheté 50 000 € HT le 1er janvier 2026, durée 5 ans (taux linéaire 20 %, coefficient 1,75, taux dégressif = 35 %).
- 2026 : 50 000 × 35 % = 17 500 €
- 2027 : (50 000 – 17 500) × 35 % = 11 375 €
- 2028 : (32 500 – 11 375) × 35 % = 7 394 €
- À partir de 2029, le taux linéaire sur la durée restante (1/2 = 50 %) dépasse le taux dégressif (35 %) : on bascule en linéaire sur la valeur nette comptable restante.
Avantage fiscal maximal en phase d'investissement. Source officielle : BOFiP (septembre 2012). Notre article dédié : amortissement dégressif.
Pour maîtriser tous les aspects de cette méthode, notre article dédié à l'amortissement dégressif présente des exemples concrets et les taux applicables en 2026.
Calculer un amortissement pour un bien d'occasion
Acheter une immobilisation d'occasion ? Le principe reste le même. Vous répartissez son coût sur sa durée d'utilisation restante estimée. Exemple : une machine-outil d'occasion achetée 15 000 €, durée de vie totale 10 ans, déjà utilisée 4 ans. Vous l'amortissez sur les 6 ans restants, soit un taux linéaire de 16,67 %. La difficulté : justifier la durée retenue. L'administration fiscale peut la contester si elle semble trop courte. Conservez un constat d'état ou un rapport d'expertise. Pour les biens d'occasion, l'amortissement dégressif n'est pas applicable (réservé aux neufs). Seul le linéaire est possible. La base de calcul est le prix d'acquisition, diminué des éventuelles subventions. Le BOFiP détaille les règles pour les biens acquis à titre onéreux (février 2015).
Tableau d'amortissement : comment le construire ?
Le tableau d'amortissement est un outil de suivi obligatoire pour chaque immobilisation. Il figure dans l'état des amortissements joint à la liasse fiscale (imprimé 2032-NOT-SD pour les BIC/IS). Il comporte généralement cinq colonnes :
- Année (N, N+1, N+2...)
- Valeur nette comptable début d'exercice
- Dotation annuelle
- Amortissements cumulés
- Valeur nette comptable fin d'exercice
Exemple, bien de 10 000 € amorti sur 5 ans (linéaire) :
| Année | VNC début | Dotation | Cumul | VNC fin |
|---|---|---|---|---|
| 2026 | 10 000 € | 2 000 € | 2 000 € | 8 000 € |
| 2027 | 8 000 € | 2 000 € | 4 000 € | 6 000 € |
| 2028 | 6 000 € | 2 000 € | 6 000 € | 4 000 € |
| 2029 | 4 000 € | 2 000 € | 8 000 € | 2 000 € |
| 2030 | 2 000 € | 2 000 € | 10 000 € | 0 € |
Indispensable en cas de contrôle fiscal et pour le calcul de la plus-value de cession. Notice officielle : impots.gouv.fr (2026).
Amortissement comptable vs amortissement fiscal : les différences
L'amortissement comptable reflète la réalité économique : il suit la consommation des avantages économiques du bien. L'amortissement fiscal obéit au Code général des impôts, avec des règles parfois différentes. Deux divergences fréquentes : un bien amorti comptablement sur 10 ans peut l'être fiscalement sur 5 ans (véhicules de tourisme plafonnés à 18 300 € pour l'amortissement fiscal). L'entreprise constate alors un amortissement comptable de X € et un amortissement fiscal de Y €, la différence étant comptabilisée en amortissement dérogatoire (passif).
L'amortissement est obligatoire en comptabilité. Si vous ne le constatez pas, l'administration peut le faire d'office et redresser votre résultat. Le BOFiP rappelle cette obligation dans sa doctrine sur la constatation de l'amortissement minimum (août 2017).
Pour enregistrer correctement ces écritures dans vos comptes, il est utile de maîtriser le plan comptable général, qui définit les comptes à utiliser pour les amortissements et les dérogatoires.
Pour les investisseurs LMNP, l'amortissement permet de déduire une partie du prix du bien sans sortie de trésorerie. Le taux d'amortissement des murs se situe entre 2,5 % et 5 % (source : Boursorama, mars 2025).
Erreurs fréquentes dans le calcul des amortissements
Quelques erreurs classiques chez les entrepreneurs et les TPE :
1. Oublier le prorata temporis : la première dotation doit être calculée au prorata du nombre de jours entre l'achat et la fin de l'exercice.
2. Amortir un bien sous le seuil : les biens de moins de 500 € HT peuvent être passés en charges (fournitures), pas en immobilisations.
3. Confondre amortissement et dépréciation : l'amortissement est systématique ; la dépréciation, elle, est constatée si la valeur actuelle devient inférieure à la valeur nette comptable (test de dépréciation).
4. Négliger la valeur résiduelle : si le bien a une valeur de revente significative (un véhicule par exemple), la base amortissable doit en tenir compte.
5. Appliquer un amortissement dégressif à un bien d'occasion : interdit.
6. Ne pas actualiser le plan d'amortissement : si la durée d'utilisation change (remplacement anticipé), le plan doit être révisé prospectivement.
L'administration fiscale examine ces points lors des contrôles. Un plan erroné peut entraîner un rehaussement d'impôt. En cas de doute, un expert-comptable reste la meilleure option.
En résumé pour calculer vos amortissements en 2026
Calculer un amortissement est un geste de base pour tout entrepreneur. La méthode linéaire reste la plus simple et la plus universelle. La méthode dégressive offre un avantage fiscal immédiat pour certains biens neufs. L'essentiel : respecter la durée d'usage, appliquer le prorata temporis la première année et tenir un tableau de suivi. En 2026, pas de modification majeure des règles. Les taux et coefficients dégressifs sont inchangés. Les investisseurs LMNP bénéficient toujours du régime d'amortissement forfaitaire, avec un abattement de 26 % sur les revenus locatifs pour le calcul des prélèvements sociaux (source : Caisse d'Épargne, guide 2026). Pour les auto-entrepreneurs, l'option pour le versement libératoire de l'IR ou le prélèvement forfaitaire unique modifie l'intérêt fiscal des amortissements. Un simulateur en ligne peut vous aider à visualiser l'impact sur votre trésorerie.
Points clés
- L'amortissement répartit le coût d'une immobilisation sur sa durée d'utilisation, selon une méthode linéaire, dégressive ou variable.
- Le mode de calcul le plus courant est l'amortissement linéaire : Valeur d'origine × Taux (1/durée), avec prorata temporis la première année.
- L'amortissement dégressif applique un taux majoré les premières années, réservé aux biens neufs de durée ≥ 3 ans.
- Le tableau d'amortissement est obligatoire dans la liasse fiscale (imprimé 2032) et sert au suivi comptable et fiscal.
- Une erreur de calcul d'amortissement expose à un redressement fiscal : prorata, valeur résiduelle et taux doivent être correctement appliqués.
Sources
- bofip.impots.gouv.fr
- bofip.impots.gouv.fr
- bofip.impots.gouv.fr
- impots.gouv.fr
- boursorama.com
- img.caisse-epargne.fr
- bofip.impots.gouv.fr
Fiche pratique
| Définition | Répartition du coût d'une immobilisation sur sa durée d'utilisation |
| Méthodes | Linéaire (taux constant), Dégressif (taux décroissant), Variable (selon usage) |
| Taux linéaire usuel | Équipement info : 20-33 % / Mobilier : 20 % / Véhicule : 20 % / Bâtiment : 2,5-5 % |
| Coefficients dégressifs 2026 | 3-4 ans : 1,25 / 5-6 ans : 1,75 / >6 ans : 2,25 |
| Prorata temporis | Obligatoire la 1ʳᵉ et la dernière année d'amortissement |
| Base réglementaire | PCG art. 322-1 / BOFiP BOI-BIC-AMT-10-20 / Liasse 2032-NOT-SD |
| Seuil d'activation | 500 € HT (en deçà : charge immédiate) |
| Contact | Consultez un expert-comptable ou l'administration fiscale (impots.gouv.fr) |
Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.
FAQ
Comment calculer l'amortissement d'un bien ?
Pour calculer un amortissement, divisez la valeur d'achat HT du bien par sa durée d'utilisation prévue. Exemple : un ordinateur à 2 400 € amorti sur 3 ans donne 800 € par an (2 400 ÷ 3). La première année, la dotation est réduite au prorata du nombre de jours restant dans l'exercice.
Comment calculer un amortissement sur 3 ans ?
Pour un amortissement sur 3 ans, utilisez le linéaire avec un taux de 33,33 % (1/3). Un bien de 3 000 € acquis le 1er juillet : première dotation = 3 000 × 33,33 % × 6/12 = 500 €. Les années suivantes : 1 000 € chacune.
Quelle différence entre amortissement comptable et amortissement fiscal ?
L'amortissement comptable suit la réalité économique (durée réelle d'utilisation). L'amortissement fiscal applique les durées et plafonds du Code général des impôts (ex. : véhicule de tourisme plafonné à 18 300 €). La différence génère un amortissement dérogatoire au passif du bilan.
Comment construire un tableau d'amortissement ?
Un tableau d'amortissement a 5 colonnes : année, valeur nette comptable début d'exercice, dotation annuelle, amortissements cumulés, valeur nette comptable fin d'exercice. Il est joint à la liasse fiscale (imprimé 2032-NOT-SD). Beaucoup de logiciels de comptabilité le génèrent automatiquement.
Est-il obligatoire d'amortir ses immobilisations ?
Oui, l'amortissement est obligatoire pour toutes les immobilisations de plus d'un an. Si vous ne le constatez pas, l'administration fiscale peut le faire d'office et redresser votre résultat (source : BOFiP, août 2017).
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