Amortissement comptable : définition, calcul et règles fiscales 2026
Définition amortissement comptabilité : qu'est-ce que l'amortissement, comment le calculer, quels biens amortir. Guide complet avec exemples et règles 2026.

L'amortissement comptable, c'est la constatation annuelle de la perte de valeur des immobilisations (mobilier, matériel, bâtiments, logiciels) dans les comptes d'une entreprise. Cette écriture permet de répartir le coût d'un actif sur sa durée d'utilisation réelle, conformément au plan comptable général. Quand on cherche la définition de l'amortissement en comptabilité, on tombe sur un principe simple : tout bien dont la durée de vie dépasse un exercice comptable doit être amorti, pour refléter son usure et son obsolescence.
Qu'est-ce que l'amortissement comptable ? Définition et principes
L'amortissement comptable, c'est la dépréciation irréversible d'un actif immobilisé sous l'effet du temps, de l'usage ou de l'obsolescence technique. Le règlement ANC n°2014-03 (plan comptable général) est clair : toute entreprise doit constater cette perte de valeur pour donner une image fidèle de son patrimoine. Concrètement, on étale le coût d'acquisition d'un bien sur sa durée estimée d'utilisation dans l'entreprise : pas sur sa durée de vie fiscale. Cette nuance compte : la définition comptable de l'amortissement colle à la réalité économique de l'actif, tandis que la version fiscale répond aux règles de déduction du fisc. L'idée d'étalement est centrale. L'amortissement ne crée pas une charge nouvelle, il répartit une charge déjà engagée (l'investissement) sur plusieurs exercices. Cela étant, certaines immobilisations comme les terrains ou les œuvres d'art ne sont pas amortissables, jugées non consomptibles. L'identification précise de chaque bien et de sa durée d'usage est une étape clé pour une comptabilité régulière. Pour approfondir les normes qui encadrent ces écritures, consultez notre guide du plan comptable général.
Quels biens sont amortissables ?
Tous les éléments inscrits à l'actif du bilan ne sont pas amortissables. Le BOFiP le rappelle (bofip.impots.gouv.fr, 2017) : sont amortissables les biens dont la durée d'utilisation est limitée et qui perdent de la valeur avec le temps. Principales catégories concernées : - Immobilisations corporelles : constructions (20 à 50 ans), agencements et installations (10 à 20 ans), matériel et outillage (5 à 10 ans), mobilier de bureau (5 à 10 ans), véhicules (4 à 5 ans), matériel informatique (3 à 5 ans). - Immobilisations incorporelles : brevets (durée de protection légale), logiciels (1 à 5 ans), fonds de commerce (non amortissable sauf exception), frais d'établissement (5 ans maximum). - Immobilisations financières : généralement non amortissables (titres de participation, prêts). Exceptions notables : les terrains, les œuvres d'art et les immobilisations en cours. Les durées ci-dessus sont indicatives. L'entreprise conserve la liberté de retenir la durée d'usage réelle, qui peut diverger des durées fiscales. Pour les constructions locatives, l'assemblée délibérante fixe librement les durées d'amortissement conformément à l'article D5217-20 du code général des collectivités territoriales (legifrance.gouv.fr, 2026).
Les méthodes d'amortissement : linéaire et dégressif
Deux méthodes principales existent en comptabilité : l'amortissement linéaire et l'amortissement dégressif. Le choix dépend du bien et de l'usage qu'en fait l'entreprise. Amortissement linéaire : la dépréciation est constante chaque année. Le taux d'amortissement = 1 divisé par la durée de vie. Pour un bien amorti sur 5 ans, le taux linéaire est de 20 % par an. Cette méthode est obligatoire pour les constructions, les logiciels et les biens d'occasion. Elle s'applique par défaut à tous les actifs amortissables. Amortissement dégressif : l'annuité est plus élevée les premières années, puis diminue. Le taux dégressif s'obtient en multipliant le taux linéaire par un coefficient (1,25 pour les biens de 3-4 ans, 1,75 pour 5-6 ans, 2,25 pour plus de 6 ans). Cette méthode est réservée aux biens neufs d'équipement (matériel industriel, outillage, véhicules). Pas de dégressif pour les constructions. Le BOFiP fixe les règles précises du régime de l'amortissement dégressif (bofip.impots.gouv.fr, 2012). Pour un calcul détaillé des annuités selon cette méthode, consultez notre article sur l'amortissement dégressif. La méthode linéaire reste la plus courante pour les TPE et PME : simple à mettre en œuvre et conforme aux règles fiscales de base.
Calcul d'un amortissement : formule et exemples concrets
Trois éléments pour calculer un amortissement : la valeur d'origine (prix d'achat HT + frais accessoires), la durée d'utilisation estimée, et la méthode retenue (linéaire ou dégressif). Exemple 1 : amortissement linéaire Un ordinateur acheté 1 200 € HT le 1er avril 2026, durée d'utilisation 3 ans (taux linéaire 33,33 %). La première annuité est calculée au prorata temporis : 275 jours sur 365 (du 1er avril au 31 décembre). Annuité 2026 = 1 200 × 33,33% × (275/365) = 301 €. Annuités suivantes (2027, 2028) = 1 200 × 33,33% = 400 €. Dernière annuité 2029 = 1 200 × 33,33% × (90/365) = 99 € (solde). Exemple 2 : amortissement dégressif Une machine de production achetée le 1er janvier 2026 pour 10 000 € HT, durée 5 ans (taux linéaire 20 %, coefficient 1,75, taux dégressif = 35 %). Annuité 2026 = 10 000 × 35% = 3 500 €. Annuité 2027 = (10 000 - 3 500) × 35% = 6 500 × 35% = 2 275 €. Quand le taux linéaire sur la durée restante dépasse le taux dégressif, l'entreprise bascule en linéaire. Pour un guide complet des formules et cas particuliers, consultez notre article dédié : calculer un amortissement.
Amortissement comptable vs amortissement fiscal : quelles différences ?
La distinction entre amortissement comptable et amortissement fiscal est une source fréquente de confusion chez les dirigeants. L'amortissement comptable est une obligation du plan comptable général : il traduit la perte de valeur réelle du bien, sans tenir compte des règles fiscales. L'amortissement fiscal, lui, détermine la charge déductible du résultat imposable. Dans la majorité des cas, les deux montants sont identiques. Mais des écarts peuvent surgir : - Amortissement fiscalement dérogatoire : quand l'entreprise pratique un amortissement dégressif (comptable) mais que la déduction fiscale est plafonnée, ou l'inverse. - Différence de durée : si l'entreprise retient une durée comptable plus longue que la durée fiscale, l'excédent d'amortissement comptable n'est pas déductible immédiatement. - Biens non amortissables fiscalement : certaines immobilisations (fonds de commerce, frais d'établissement) peuvent être amorties en comptabilité mais ne sont pas déductibles du résultat fiscal. Les retraitements entre résultat comptable et résultat fiscal sont portés dans la liasse fiscale, notamment sur le tableau 2058-A (immobilisations) et le tableau des amortissements. La pratique des retraitements est importante. Le guide fiscal du chef d'entreprise de la Caisse d'Épargne (img.caisse-epargne.fr, 2026) rappelle que l'amortissement comptable constate chaque année la perte de valeur des composants d'un actif, et que les différences avec le traitement fiscal exigent un suivi rigoureux.
Amortissement et liasse fiscale : comment déclarer
Chaque année, les amortissements sont déclarés dans la liasse fiscale (BIC ou IS). Le tableau 2055 (amortissements) récapitule par bien : la valeur d'origine, le cumul des amortissements antérieurs, la dotation de l'exercice, et le cumul à la clôture. La notice 2032-NOT-SD de l'administration fiscale (impots.gouv.fr, 2026) précise que les colonnes dédiées aux écarts entre durée comptable et durée fiscale sont surtout servies en cas d'écart significatif. En pratique, l'essentiel pour le dirigeant : - Tenir un plan d'amortissement par bien (date d'acquisition, valeur, durée, méthode, annuité annuelle) - Reporter chaque année la dotation aux amortissements en charge (compte 681 pour les immobilisations corporelles, 6811 pour les incorporelles) - Vérifier que le cumul des amortissements n'excède pas la valeur d'origine du bien Pour bien comprendre le lien entre la dotation annuelle et le résultat, lisez notre article sur la dotation aux amortissements. L'obligation de constater un amortissement minimum, rappelée par le BOFiP (bofip.impots.gouv.fr, 2017), s'impose à toute entreprise, même sans bénéfice : ne pas amortir un bien amortissable est une irrégularité comptable pouvant entraîner un redressement.
Exemple complet de tableau d'amortissement
Prenons une entreprise qui acquiert le 1er janvier 2026 un matériel informatique de 3 000 € HT, amorti en linéaire sur 3 ans (taux 33,33 %). Voici le tableau d'amortissement : | Exercice | Base amortissable | Annuité | Cumul | Valeur nette comptable | |----------|-----------------|---------|-------|----------------------| | 2026 | 3 000 € | 1 000 € | 1 000 € | 2 000 € | | 2027 | 3 000 € | 1 000 € | 2 000 € | 1 000 € | | 2028 | 3 000 € | 1 000 € | 3 000 € | 0 € | La valeur nette comptable (VNC), c'est la différence entre la valeur d'origine et le cumul des amortissements. Elle représente ce que le bien vaut encore dans les comptes. Cette VNC est utile en cas de cession : la plus ou moins-value se calcule en comparant le prix de cession à la VNC au jour de la vente. Pour les biens acquis en cours d'année, un prorata temporis s'applique (au jour près ou au mois près selon la méthode choisie). Ce tableau constitue le plan d'amortissement que tout expert-comptable ou logiciel comptabilisation doit produire annuellement.
Points clés
- L'amortissement comptable est l'étalement du coût d'une immobilisation sur sa durée d'utilisation réelle, conformément au plan comptable général.
- Seuls les biens dont la durée de vie est limitée et qui se déprécient avec le temps sont amortissables (hors terrains, œuvres d'art, titres de participation).
- La méthode linéaire (annuité constante) est la plus courante ; la méthode dégressive est réservée aux équipements neufs sous conditions.
- L'obligation d'amortir s'impose même en l'absence de bénéfice : ne pas constater d'amortissement constitue une irrégularité comptable.
- Les amortissements sont déclarés chaque année dans la liasse fiscale et impactent à la fois le résultat comptable et le résultat fiscal.
Sources
- bofip.impots.gouv.fr
- bofip.impots.gouv.fr
- bofip.impots.gouv.fr
- bofip.impots.gouv.fr
- bofip.impots.gouv.fr
- impots.gouv.fr
- img.caisse-epargne.fr
- gestionprivee.caisse-epargne.fr
Fiche pratique
| Base amortissable | Coût d'acquisition HT (prix + frais accessoires) |
| Taux linéaire | 100 / durée d'usage (ex: 3 ans = 33,33%) |
| Durées d'usage 2026 | Informatique 3 ans, véhicules 4-5 ans, bâtiments 20 ans |
| Coefficient dégressif | 1,25 (3-4 ans), 1,75 (5-6 ans), 2,25 (7+ ans) |
| Point de départ | Date de mise en service du bien |
| Comptes concernés | 6811 (dotations) / 28xx (amortissements cumulés) |
| Source officielle | BOFiP – Notion d'amortissement (8 juin 2022) |
Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.
FAQ
Quels sont les 3 types d'amortissement ?
Les trois types principaux : l'amortissement linéaire (annuité constante), l'amortissement dégressif (annuité décroissante) réservé aux biens neufs d'équipement, et l'amortissement exceptionnel (pour certains biens écologiques ou spécifiques). En pratique, la plupart des entreprises utilisent le linéaire par défaut.
Qu'est-ce que l'amortissement pour les nuls ?
L'amortissement, c'est un mécanisme comptable qui permet de répartir le coût d'un achat important (une machine, un ordinateur, un véhicule) sur plusieurs années : puisque ce bien dure plusieurs années. Au lieu de déduire la totalité de la dépense l'année de l'achat, on déduit une fraction chaque année jusqu'à ce que le bien soit totalement amorti.
L'amortissement fait baisser le bénéfice ?
Oui, l'amortissement est une charge comptable qui diminue le résultat de l'entreprise chaque année. C'est une charge non décaissée (elle ne correspond pas à un paiement réel l'année où elle est constatée), mais elle réduit le bénéfice imposable. C'est d'ailleurs l'un des principaux avantages fiscaux de l'amortissement.
Quelle est la différence entre amortissement comptable et amortissement fiscal ?
L'amortissement comptable suit les règles du plan comptable général et reflète la dépréciation économique réelle du bien. L'amortissement fiscal suit les règles de l'administration pour déterminer la charge déductible. Ils sont souvent identiques, mais des écarts peuvent exister (durée différente, méthode dérogatoire), donnant lieu à des retraitements dans la liasse fiscale.
Un terrain peut-il être amorti ?
Non, un terrain n'est pas amortissable. Pourquoi ? Parce qu'il est considéré comme un bien non consomptible : il ne se déprécie pas avec le temps (hors cas très particuliers de carrières ou de décharges). En revanche, les constructions et aménagements sur le terrain sont amortissables sur leur propre durée de vie.
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