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TVA

Comment calculer la TVA sur les encaissements : la méthode pas à pas

Calculer la TVA sur les encaissements : formule exacte, tableau de cadrage à 7 colonnes, écritures comptables (comptes 44574/44571) et erreurs à éviter.

Alexandre GirardAlexandre Girard 20 min de lecture
LA TVA : Encaissements VS Débits 💰

La TVA sur les encaissements se calcule en appliquant la formule TVA = montant TTC encaissé × taux / (1 + taux). Pour une prestation de 10 000 € HT (taux 20 %), la TVA collectée de 2 000 € devient exigible uniquement à la date de règlement effectif par le client, et non à la facturation. Ce décalage constitue l'avantage principal de ce régime, obligatoire pour la majorité des prestataires de services.

Calculer la TVA sur les encaissements repose sur une règle simple : la taxe devient exigible quand l'argent entre sur le compte bancaire, pas quand la facture est émise. Ce régime, obligatoire pour les prestataires de services et les auto-entrepreneurs assujettis, offre un avantage de trésorerie immédiat en décalant le reversement de la TVA au Trésor public.

Pourtant, sa mise en œuvre comptable génère de nombreuses erreurs, surtout lorsqu'un même contrat donne lieu à un acompte puis un solde sur deux périodes déclaratives distinctes. Confondre date de facture et date d'encaissement, oublier de déclarer la TVA sur l'acompte ou mal utiliser les comptes 44574 et 44571 expose à des régularisations potentiellement coûteuses.

Ce guide détaille la formule de calcul, propose un tableau de cadrage complet et illustre le mécanisme par un cas pratique chiffré. Il identifie aussi le piège le plus fréquent chez les TPE et la manière concrète de l'éviter.

TVA sur les encaissements : définition et champ d'application

La TVA sur les encaissements désigne le régime fiscal selon lequel la taxe sur la valeur ajoutée devient exigible à la date du règlement effectif par le client, et non à la date d'émission de la facture. Ce mécanisme concerne principalement les prestataires de services. Une entreprise de conseil qui facture 12 000 € TTC le 5 octobre ne devra reverser la TVA correspondante que lorsque cette somme sera créditée sur son compte bancaire, par exemple le 28 octobre.

Ce régime s'applique par défaut à la quasi-totalité des activités de services : conseil, formation, informatique, bâtiment (pour la main-d'œuvre), professions libérales, agents commerciaux. Les auto-entrepreneurs qui dépassent le seuil de franchise en base de TVA et deviennent redevables y sont également soumis.

L'avantage de trésorerie est tangible. L'entreprise perçoit la TVA facturée au client et la conserve jusqu'à sa déclaration, sans avoir à l'avancer sur ses fonds propres. En revanche, ce régime impose un suivi rigoureux des encaissements, car la simple émission d'une facture ne déclenche aucune obligation déclarative immédiate.

📌 Important : L'option pour le régime des débits (TVA exigible à la facturation) est ouverte, mais elle est irrévocable pendant une certaine période. Elle engage l'ensemble de l'activité et doit être notifiée au service des impôts des entreprises (SIE) compétent. Le régime simplifié d'imposition (RSI) fonctionne également sur la logique des encaissements pour les prestataires de services, avec des acomptes semestriels calculés par l'administration fiscale.

TVA sur les débits ou les encaissements : quelle différence ?

Sous le régime des débits, la TVA est exigible dès la facturation, même si le client n'a pas encore payé. Ce régime s'applique obligatoirement aux ventes de biens corporels (marchandises, matériel). Un grossiste qui livre 50 000 € de marchandises le 15 mars doit intégrer la TVA correspondante dans sa déclaration du mois de mars, quel que soit le délai de paiement accordé à son client.

À l'inverse, le régime des encaissements retarde l'exigibilité de la TVA au moment où les fonds sont effectivement disponibles. Cette différence est fondamentale pour la trésorerie : une prestation facturée à 60 jours n'aura aucun impact TVA avant la réception du paiement. Pour un prestataire de services dont les créances clients atteignent régulièrement 30 000 € ou plus, le décalage peut représenter plusieurs milliers d'euros de TVA conservés temporairement.

Qui est concerné par la TVA sur encaissement ?

Sont soumis de plein droit à la TVA sur les encaissements : les prestataires de services (B2B ou B2C), les professions libérales, les artisans pour leurs prestations de main-d'œuvre, les auto-entrepreneurs ayant dépassé le seuil de franchise en base, les agents commerciaux et les sous-traitants. Selon l'administration fiscale, ce régime s'applique à toutes les opérations pour lesquelles la TVA est exigible lors de l'encaissement du prix (source : service-public.fr, 2025).

Les activités de vente de biens corporels demeurent, en revanche, au régime des débits. Une entreprise mixte (vente de matériel + prestation d'installation) doit appliquer deux régimes distincts : TVA sur les débits pour le matériel livré, TVA sur les encaissements pour la partie main-d'œuvre. Ce double suivi constitue une source fréquente d'erreurs dans les déclarations CA3.

Comment calculer la TVA sur les encaissements : formule et étapes

La formule de calcul de la TVA sur les encaissements est identique à celle de la TVA classique : TVA = montant TTC encaissé × taux / (1 + taux). Le point de départ du calcul n'est pas la facture émise, mais l'extrait bancaire attestant du crédit reçu. Cette distinction est la clé du dispositif.

Pour des explications détaillées sur la manière de calculer la TVA à partir du TTC, n'hésitez pas à consulter notre guide complet.

Prenons un exemple. Une facture de 6 000 € TTC au taux de 20 % est réglée intégralement par virement le 18 novembre. Le calcul s'effectue ainsi : 6 000 × 0,20 / 1,20 = 1 000 € de TVA collectée. Ces 1 000 € doivent figurer sur la déclaration CA3 de novembre (ou du 4e trimestre), même si la facture date d'octobre.

Si un taux réduit s'applique, la logique est la même. Une prestation de travaux de rénovation dans un logement de plus de deux ans facturée 2 200 € TTC au taux de 5,5 % donne : 2 200 × 0,055 / 1,055 = 114,69 € de TVA collectée. Le prestataire doit pouvoir justifier, pour chaque encaissement, du taux appliqué en fonction de la nature de l'opération.

💡 À noter : La TVA déductible sur les achats professionnels relevant aussi du régime des encaissements (prestations de services achetées) suit la même logique symétrique : elle n'est déductible qu'au moment du paiement effectif du fournisseur.

La formule de base : extraire la TVA d'un montant TTC encaissé

La méthode consiste à isoler la base hors taxe puis la TVA collectée à partir du flux bancaire. En pratique, deux approches sont possibles. La première : TVA = TTC × taux / (1 + taux), qui donne directement le montant de TVA. La seconde, plus explicite pour les rapprochements comptables : Base HT = TTC / (1 + taux), puis TVA = TTC − Base HT.

Les deux méthodes sont mathématiquement identiques. Pour 4 800 € TTC au taux de 10 %, la première donne 4 800 × 0,10 / 1,10 = 436,36 € de TVA. La seconde : 4 800 / 1,10 = 4 363,64 € HT, puis 4 800 − 4 363,64 = 436,36 €. L'essentiel est de conserver une traçabilité claire entre chaque ligne d'extrait bancaire et le montant de TVA reporté sur la déclaration CA3.

Pour approfondir les conversions entre HT et TTC selon tous les taux en vigueur, l'article sur les formules HT↔TTC et taux de TVA 2026 détaille chaque cas de figure avec des exemples supplémentaires.

Cas des taux multiples : 20 %, 10 %, 5,5 %

De nombreuses TPE facturent des opérations relevant de taux de TVA différents au sein d'une même période. Un artisan électricien peut réaliser une installation neuve (taux 20 %) et un dépannage (taux 10 %) dans le même mois. Chaque encaissement doit alors être ventilé selon son taux propre.

Si un client règle 12 000 € correspondant à une facture mixte, le prestataire doit reconstituer la répartition HT par taux avant de calculer la TVA. L'administration fiscale exige que la déclaration CA3 distingue, ligne par ligne, les bases HT et la TVA correspondante pour chaque taux. Un tableau de suivi Excel avec une colonne par taux de TVA permet d'éviter les affectations erronées et de justifier les montants déclarés en cas de contrôle.

Les taux réduits (10 % pour les travaux d'amélioration, 5,5 % pour les produits de première nécessité) nécessitent une attention particulière : toute application injustifiée d'un taux réduit peut entraîner un rappel de TVA majoré des intérêts de retard. La documentation de la nature de chaque prestation (attestation client, nature des travaux, ancienneté du logement) est fortement recommandée.

L'essentiel

  • La TVA sur les encaissements devient exigible uniquement à la date du règlement effectif par le client, pas à la facturation.
  • La formule pour extraire la TVA d'un flux TTC est : TVA = TTC × taux / (1 + taux), quel que soit le taux applicable.
  • Les écritures comptables obligatoires font transiter la TVA du compte 44574 (TVA en attente) vers le compte 44571 (TVA collectée) au moment de l'encaissement.
  • L'erreur la plus courante consiste à déclarer la TVA à la facture, ce qui annule l'avantage de trésorerie et expose à des régularisations.
  • Depuis le 1er janvier 2023, tout acompte encaissé rend la TVA immédiatement exigible, même si la prestation n'est pas achevée.

Tableau de calcul TVA sur encaissement : cas pratique chiffré

Le cas pratique suivant illustre le suivi complet d'une prestation avec acompte et solde sur deux mois distincts. Il met en évidence le mécanisme de cadrage TVA et permet de vérifier la cohérence entre les montants encaissés et la TVA déclarée.

Scénario : un consultant en stratégie facture une mission au prix total de 10 000 € HT, soit 12 000 € TTC (taux 20 %, source : exemple de calcul tiré d'Axonaut, 2025). Les conditions de paiement prévoient un acompte de 30 % à la commande et le solde à la remise du rapport final. Le 12 octobre, le client verse un acompte de 4 000 € TTC. Le 15 novembre, il règle le solde de 8 000 € TTC.

Selon les règles d'exigibilité, la TVA sur l'acompte d'octobre est due au titre de la période d'octobre, même si la prestation finale n'est pas achevée. La TVA sur le solde de novembre est due au titre de novembre. Le total de TVA collectée sur cette opération est de 2 000 €, réparti en 666,67 € en octobre et 1 333,33 € en novembre.

Pour un modèle de tableau à 7 colonnes directement utilisable, consultez notre tableau de calcul TVA sur encaissement (7 colonnes).

Scénario acompte + solde sur deux périodes

Voici le détail des calculs pour cette prestation de 10 000 € HT. Octobre : acompte TTC encaissé de 4 000 €. Base HT correspondante = 4 000 / 1,20 = 3 333,33 €. TVA collectée = 4 000 − 3 333,33 = 666,67 €. Ce montant doit être reversé sur la déclaration CA3 d'octobre.

Novembre : solde TTC encaissé de 8 000 €. Base HT restante = 8 000 / 1,20 = 6 666,67 €. TVA collectée = 8 000 − 6 666,67 = 1 333,33 €. Ce montant est dû sur la déclaration CA3 de novembre. La somme des bases HT (3 333,33 + 6 666,67 = 10 000 €) et la somme des TVA collectées (666,67 + 1 333,33 = 2 000 €) correspondent exactement aux montants de la facture initiale. Ce cadrage est essentiel : toute divergence entre le total de TVA encaissée et le montant de la facture doit être expliquée et documentée avant la déclaration.

L'erreur à ne pas commettre : déclarer l'intégralité des 2 000 € de TVA dès octobre, sous prétexte que la facture a été émise le même mois. Cette erreur entraîne un versement prématuré de 1 333,33 €, pénalisant la trésorerie sans nécessité légale.

Tableau de cadrage TVA sur encaissement (modèle)

Un tableau de cadrage TVA permet de suivre chaque encaissement en le ventilant par taux et par période déclarative. Les sept colonnes recommandées sont : date d'encaissement, montant TTC, base HT (au taux de 20 %), base HT (autres taux), TVA collectée (20 %), TVA collectée (autres taux), numéro de compte comptable (44571).

Dans notre exemple, le tableau afficherait deux lignes. Ligne 1 : 12/10/N, 4 000 € TTC, 3 333,33 € HT, 0, 666,67 €, 0, 44571. Ligne 2 : 15/11/N, 8 000 € TTC, 6 666,67 € HT, 0, 1 333,33 €, 0, 44571. Total général : 12 000 € TTC, 10 000 € HT, 2 000 € de TVA collectée.

Ce tableau sert également de justificatif en cas de contrôle fiscal. L'administration peut demander à tout moment le rapprochement entre les encaissements bancaires, les factures émises et la TVA déclarée. Un fichier Excel maintenu à jour mois par mois réduit considérablement le risque d'écart de TVA en cas de vérification de comptabilité.

TVA sur encaissement et écritures comptables : comptes 44574 et 44571

La comptabilisation de la TVA sur les encaissements obéit à une règle de double écriture qui reflète le décalage entre facturation et règlement. Le Plan Comptable Général (PCG) prévoit l'utilisation de deux comptes distincts pour isoler la TVA en attente d'exigibilité (compte 44574) de la TVA devenue effectivement exigible (compte 44571).

À l'émission de la facture, le compte 44574 « TVA sur encaissements à régulariser » est mouvementé au débit pour le montant de TVA facturée. Ce compte est un compte de tiers, ni une charge ni un produit : il enregistre une dette potentielle envers l'État, conditionnée à un événement futur (l'encaissement). Au moment du règlement client, cette TVA est virée au crédit du compte 44571 « TVA collectée », qui alimente directement la déclaration CA3.

Cette distinction comptable est obligatoire. Elle permet de justifier, à tout moment, que la TVA déclarée correspond strictement aux encaissements effectifs. Une entreprise qui omettrait le compte 44574 et créditerait directement le 44571 dès la facture commettrait une double erreur : elle verserait la TVA par anticipation et fausserait sa comptabilité, rendant tout contrôle de TVA sur encaissement inopérant.

Écriture à la facturation : débit compte 44574

Lors de l'émission d'une facture de 12 000 € TTC (taux 20 %), l'écriture comptable se décompose ainsi :

  • Débit du compte 411 « Clients » : 12 000 €
  • Crédit du compte 704 « Prestations de services » : 10 000 €
  • Crédit du compte 44574 « TVA sur encaissements à régulariser » : 2 000 €

Cette écriture constate la créance sur le client et le produit HT. La TVA de 2 000 € est enregistrée en attente, sans impact immédiat sur la dette fiscale. Le compte 44574 apparaît au passif du bilan dans les dettes fiscales conditionnelles. Pour approfondir les formules de conversion entre base HT et montant TTC, l'article sur calculer la TVA : formules et exemples pratiques détaille les calculs pour chaque taux en vigueur.

Il est crucial de bien maîtriser comment calculer le montant de la TVA comprise dans un prix TTC pour assurer une comptabilité juste.

Écriture à l'encaissement : virement vers le compte 44571

Au moment du règlement client (intégral ou partiel), deux mouvements sont enregistrés. D'abord, le compte banque est débité du montant TTC reçu et le compte client est crédité. Ensuite, la TVA devient exigible :

  • Débit du compte 44574 « TVA sur encaissements à régulariser » : 2 000 €
  • Crédit du compte 44571 « TVA collectée » : 2 000 €

Ce virement interne solde le compte d'attente (44574) et alimente le compte de TVA exigible (44571). Le solde du compte 44571 en fin de période constitue le montant à reporter sur la déclaration CA3. La TVA déductible sur les achats de prestations de services suit une logique symétrique : elle transite par le compte 44564 « TVA déductible sur encaissements » avant d'être virée au compte 44566 au moment du paiement du fournisseur.

Déclarer la TVA sur les encaissements : remplir la CA3 ou la CA12

La déclaration de TVA sur les encaissements s'effectue via le formulaire CA3 (régime réel normal, mensuel ou trimestriel) ou la déclaration annuelle CA12 (régime simplifié). Dans les deux cas, le montant à reporter correspond au solde créditeur du compte 44571 en fin de période déclarative, c'est-à-dire la TVA réellement collectée sur les encaissements reçus.

Les formulaires sont accessibles sur le site officiel impots.gouv.fr (espace professionnel). La télédéclaration est obligatoire pour toutes les entreprises, quel que soit leur chiffre d'affaires. La CA3 doit être déposée au plus tard le 19 du mois suivant la période concernée pour une déclaration mensuelle (régime du réel normal), ou dans les trois mois suivant la fin du trimestre pour une déclaration trimestrielle.

Pour le régime simplifié d'imposition (RSI), les entreprises versent deux acomptes semestriels en juillet et décembre, calculés par l'administration fiscale. Le solde de TVA est régularisé lors de la déclaration annuelle CA12, déposée au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai de l'année suivante. Le montant total de TVA due correspond aux encaissements de l'exercice clos.

⚠️ Attention : Confondre le total des factures émises avec le total des encaissements reçus est une erreur courante. Seuls les règlements effectivement crédités sur le compte bancaire pendant la période doivent être déclarés. Un tableau de rapprochement entre le grand livre des comptes clients, les relevés bancaires et le compte 44571 permet de garantir l'exactitude des montants déclarés.

CA3 mensuelle ou trimestrielle : quelle ligne renseigner ?

Sur le formulaire CA3, les lignes à renseigner dépendent des taux applicables. Le cadre A « TVA brute » distingue : ligne 1 pour les opérations au taux normal de 20 %, ligne 2 pour le taux de 10 %, ligne 3 pour le taux de 5,5 %, et ligne 4 pour le taux de 2,1 %. Pour chaque ligne, le déclarant indique la base HT des encaissements de la période puis le montant de TVA correspondant.

La base HT à reporter est celle reconstituée à partir des montants TTC encaissés (TTC / (1 + taux)), et non le total des factures émises. Le cadre B « TVA déductible » agrège la TVA sur les achats payés durant la période. La TVA due (ligne 18) résulte de la différence entre la TVA brute collectée (ligne 14) et la TVA déductible (ligne 16) majorée éventuellement du crédit de TVA antérieur (ligne 21).

Acomptes de TVA en régime simplifié

En régime simplifié, les entreprises ne déclarent pas mensuellement leur TVA. Elles versent deux acomptes semestriels calculés par l'administration fiscale sur la base de la dernière déclaration annuelle connue. Pour les nouvelles sociétés, ces acomptes représentent 80 % de la TVA réellement due au titre de la première période (source : l-expert-comptable.com, données SERP top 5).

Le premier acompte est versé en juillet, le second en décembre. Le solde de liquidation est déterminé lors de la déclaration annuelle CA12, qui récapitule l'ensemble des opérations de l'exercice (encaissements clients et décaissements fournisseurs). Si les acomptes versés sont supérieurs à la TVA réellement due, l'excédent est remboursé ou imputé sur l'exercice suivant. Dans le cas contraire, un complément de TVA est à payer.

L'erreur courante à éviter : confondre date de facture et date d'encaissement

Le piège le plus fréquent consiste à déclarer la TVA dès la facturation plutôt qu'au moment du règlement effectif. Un consultant qui émet une facture de 9 000 € TTC le 28 septembre et reçoit le paiement le 5 octobre doit impérativement rattacher cette TVA à la période d'octobre, pas à celle de septembre. L'erreur inverse aboutit au même résultat : verser la TVA en septembre, c'est-à-dire avant de disposer des fonds, annule mécaniquement l'avantage de trésorerie du régime.

Les conséquences peuvent aller au-delà d'un simple décalage de trésorerie. Si l'administration fiscale constate, lors d'un contrôle, que des montants de TVA ont été déclarés sur des périodes erronées, elle peut requalifier les déclarations et appliquer des pénalités pour insuffisance de déclaration. La bonne pratique consiste à rapprocher systématiquement les encaissements bancaires du mois et le détail du compte 44571 avant de valider la CA3.

Sur le plan opérationnel, un tableau de suivi mensuel avec les dates d'encaissement réelles (extrait du relevé bancaire) et les montants TTC correspondants réduit le risque d'erreur. Chaque ligne du tableau doit pouvoir être rattachée à une facture précise et à une date de valeur bancaire incontestable.

Confondre date de facture et date de règlement effectif

En pratique, cette confusion survient souvent lorsque le comptable ou le dirigeant prépare la déclaration CA3 à partir du grand livre des ventes (comptes 7xx) plutôt qu'à partir du compte 44571. Le grand livre des ventes reflète les factures émises, pas les règlements reçus. Une TPE qui facture 40 000 € de prestations en mars, mais n'en encaisse que 15 000 € le même mois, ne doit déclarer la TVA que sur ces 15 000 € encaissés.

L'écart entre le chiffre d'affaires comptable et la base taxable à la TVA est une source récurrente de discordance. Une réconciliation mensuelle systématique entre le compte de résultat (produits facturés) et la déclaration CA3 (produits encaissés) est indispensable. L'administration fiscale peut demander l'état de rapprochement à tout moment. Les intérêts de retard en cas de TVA insuffisamment déclarée s'élèvent à 0,2 % par mois de retard, auxquels peuvent s'ajouter des majorations de 10 % à 40 % selon la nature du manquement constaté.

Oublier la TVA sur les acomptes reçus

Autre erreur significative : considérer qu'un acompte n'est pas taxable tant que la prestation n'est pas achevée. Cette idée est fausse. Depuis le 1er janvier 2023, l'encaissement d'un acompte entraîne immédiatement l'exigibilité de la TVA pour toutes les transactions, qu'il s'agisse de livraisons de biens ou de prestations de services (source : Pennylane, octobre 2025, transposition d'une directive européenne).

Un graphiste qui demande un acompte de 2 400 € TTC à la signature du devoir doit donc intégrer les 400 € de TVA correspondants (2 400 × 20 % / 120 %) dans sa déclaration du mois de versement de l'acompte, même si la création ne sera livrée que trois mois plus tard. Omettre cette TVA expose à un rappel lors d'un contrôle, avec régularisation sur la période concernée. La facture d'acompte doit mentionner distinctement le taux de TVA applicable et le montant de taxe correspondant, conformément aux obligations de facturation avec TVA : mentions obligatoires et règles 2026.

Comprendre les règles de facturation et TVA est essentiel pour éviter les erreurs courantes lors de la gestion de votre activité.

💡 À noter : Le risque inverse consiste à déclarer en double la TVA sur un acompte, une première fois lors du versement de l'acompte et une seconde fois lors du solde. Un tableau de suivi par affaire, avec le détail des montants TTC, HT et TVA déjà comptabilisés, élimine ce risque de double imposition.

TVA sur les encaissements pour les prestataires de services : points clés

Le régime de TVA sur les encaissements constitue le cadre fiscal par défaut pour la majorité des activités de services en France. Il offre un avantage de trésorerie notable, puisque le reversement de la taxe est synchronisé avec l'encaissement réel des créances. Pour une TPE dont le délai moyen de règlement client atteint 45 jours, cet avantage peut représenter plusieurs milliers d'euros de trésorerie conservée en permanence.

Ce régime impose en contrepartie une discipline de suivi rigoureuse. Sans un tableau de cadrage TVA actualisé à chaque encaissement, le risque d'erreur déclarative augmente rapidement. Le double enregistrement comptable (44574 puis 44571) est obligatoire et ne peut être simplifié sans perdre la traçabilité du dispositif auprès de l'administration fiscale. Le prestataire doit également veiller à distinguer, dans sa comptabilité, les opérations au taux normal et celles au taux réduit, car chaque taux fait l'objet d'une ligne distincte sur la déclaration CA3.

✅ En résumé : La TVA sur les encaissements est un outil de gestion de trésorerie pour les prestataires de services, à condition d'en maîtriser le calcul (TVA = TTC × taux / (1 + taux)), les écritures comptables (44574 puis 44571) et le reporting déclaratif (tableau de cadrage à 7 colonnes). L'attention portée aux dates d'encaissement réelles et aux acomptes reçus évite l'essentiel des risques de régularisation fiscale.

Sources

Fiche pratique

Formule de calculTVA = TTC × taux / (1 + taux)
Exemple (taux 20 %)6 000 € TTC → 1 000 € TVA
Comptes à utiliser44574 (attente) puis 44571 (collectée)
DéclarationCA3 (réel normal) ou CA12 (simplifié)
Acomptes RSI80 % de la TVA due pour les nouvelles sociétés
Site officielimpots.gouv.fr – espace professionnel

Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.

FAQ

Quelle est la méthode de calcul de la TVA ?

Pour la TVA sur les encaissements, on extrait la TVA du montant TTC encaissé avec la formule : TVA = TTC × taux / (1 + taux). Par exemple, sur 1 200 € TTC encaissés au taux de 20 %, la TVA collectée est de 200 €. C'est ce montant que l'entreprise doit reverser à l'administration fiscale au titre de la période d'encaissement.

Qu'est-ce que la TVA sur encaissement ?

La TVA sur encaissement est un régime fiscal dans lequel la TVA devient exigible uniquement à la date où le client règle effectivement sa facture, et non à la date d'émission de celle-ci. Ce mécanisme concerne principalement les prestataires de services et leur procure un avantage de trésorerie en décalant le reversement de la taxe.

Quelle est l'option TVA pour les encaissements ?

Les prestataires de services relèvent par défaut de la TVA sur les encaissements, mais ils peuvent opter pour la TVA sur les débits afin de simplifier leur gestion si leur situation le justifie. Cette option doit être notifiée au service des impôts des entreprises ; elle est irrévocable pendant une certaine période et engage l'ensemble des opérations.

Quel est le tableau pour calculer la TVA ?

Un tableau de cadrage TVA sur encaissement comporte généralement 7 colonnes : date d'encaissement, montant TTC encaissé, base HT, TVA collectée, TVA déductible, TVA due et compte comptable utilisé (44571 ou 44574). Ce tableau permet de préparer la déclaration CA3 ou CA12 et de fiabiliser le contrôle de TVA sur les encaissements.